Intervention de Monsieur le Chanoine Eric de BEUKELAER

POURQUOI

JE NE CROIS PAS

A LA FAILLITE DU CHRISTIANISME ?

 TEXTE REPRODUIT INTEGRALEMENT SUIVANT DECRYPTAGE DU SUPORT ENREGISTRE 

 

De fait, le thème « faillite » je ne l’ai pas choisi par hasard. Nous sommes repartis malheureusement dans un cycle je crois économiquement plus dur mais le  premier était 2008 et c’est à ce moment là que « Nouvelle Cité » m’a demandé de reprendre un propos que j’avais déjà fait et le mot « faillite » m’est très vite venu.

 Alors ce matin déjà au petit-déjeuner : « Ah c’est vous qui parlez de la faillite, mais à quel titre mais moi je n’y crois pas du tout à la faillite. »  Evidemment.

 Mais il faut, de temps en temps, oser les « mots chocs » et s’il faut les oser c’est parce que le monde, les gens qui nous regardent se posent cette question. Vos enfants se posent cette question. Vos petits-enfants se posent cette question. Et vous-même, responsables d’hospitalités, les malades dont vous avez la charge, les malades que vous servez se posent également cette question et nous devons pouvoir y répondre.

 Alors une réponse courte, qui est évidemment la meilleure. La réponse courte c’est de se dire de deux choses l’une :

- Soit le christianisme est un produit humain, comme d’autres, et alors, comme toutes choses sur cette terre, il a eu un début et il connaitra une fin. Les pharaons, 4 000 ans d’existence et puis plus de pharaons. Les empereurs de Chine 4 000 ans d’existence et puis pouf ... Rome a duré un peu plus de 1 000 ans et puis l’empire romain s’est écroulé. Toute chose sur cette terre, un jour, la France, la Belgique (la Belgique peut-être plus tôt que la France), connaitra sa fin. Toute chose humaine connaît sa fin. Donc si le christianisme  est simplement une construction humaine, génial, Jésus étant un grand  prophète mais pas un prophète élu comme les autres.

- Oui, soit, le christianisme n’est pas qu’un produit humain il est aussi un produit de l’humanité puisqu’il est venu parmi les hommes mais il vient de Dieu, il est le projet de Dieu. Alors la parole du Christ et les portes du mal ne pourront rien contre elle. Alors c’est un acte de foi de se dire « le christianisme ne passera pas » et cela nous dépasse.

C’est clair, ceci est la réponse courte et elle est utile parce que mes collègues dans la prêtrise ici présents ou vous-même, je crois qu’il nous arrive d’avoir des petits moments de découragement soit dans sa paroisse, soit justement dans son service d’hospitalité, soit simplement quand on voit le diocèse, soit dans sa famille : mes enfants ne vont plus à la messe, les petits-enfants, n’en parlons pas, il y en a qui ne sont même pas baptisés et la réaction, parfois, c’est de se crisper et, à ce moment là, il faut un acte de foi.

L’ancien archevêque de MALINES-BRUXELLES, le cardinal Godfried DANNEELS avait ce bon sens flamand et le soir il racontait que quand il avait trop de soucis, qu’il était un peu angoissé, en allant se coucher il y avait une petite croix dans sa chambre à coucher et sa dernière pensée c‘était de dire avec son bon accent flamand : « Seigneur, ce diocèse, c’est le tien ou c’est le mien ? C’est le tien, hein, bon, moi je vais me coucher. Bonsoir. » Je pense que nous devons faire cet acte de foi, c’est à dire l’Eglise vient de Dieu. Parce qu’elle vient de Dieu, d’une manière qui nous échappe, elle sera féconde et donc, comme disent les jeunes « cools »

Mais une fois qu’on a dit cela, cela est la réponse courte, je pourrais vous dire donc voilà, merci, au revoir. C’est comme ces repas de nouvelle cuisine où il n’y a plus grand chose. Non, je crois qu’il faut aller un peu plus loin et se dire, tiens, d’accord mais maintenant est-ce que, avec un langage humain, dans ce XXIème siècle qui est le nôtre, est-ce que nous pouvons trouver les arguments pour expliquer la fécondité du christianisme ?

C’est un petit chemin que je voudrais faire avec vous d’abord à travers, brièvement, l’histoire du christianisme et puis, réfléchir à ce XXIème siècle dans lequel nous sommes aujourd’hui.

Je voudrais le faire en utilisant une parabole. Vous savez, Jésus, pour garder l’attention de son public il utilisait le langage des paraboles. C’étaient les paraboles de son époque : « Le royaume de Dieu  c’est comme un grand roi qui offre un banquet, c’est comme un berger qui …, c’est comme un semeur qui … ». Je vais faire la même chose à ma mesure et utiliser une parabole d’aujourd’hui puisque j’ai parlé de faillite. Je vais comparer l’Eglise de Jésus-Christ à une entreprise. Une parabole de nos jours. Mais je sais bien que certain pourraient me dire que l’Eglise n’est pas une entreprise. Non. C’est une parabole.

Comparons l’Eglise à une entreprise. Faisons l’état des lieux de cette entreprise depuis, je dirais, la fin de la seconde guerre mondiale et je dirais surtout la fin des années 50. Quelle est la constatation ?  C’est vrai que c’est une entreprise qui perd des parts de marchés chaque année, qui a une image de marque qui est déficitaire, qui a souvent des cadres vieillissants, qui a beaucoup de clients ou de membres démotivés où le taux de satisfaction n’est pas toujours optimal par rapport à l’Eglise triomphante du 19ème siècle où tout n’était pas parfait mais, c’est une constatation froide, comme peut en faire une société d’audit.

Que fait-on quand une entreprise constate cela ? On invite toute une série d’experts et on commence à réfléchir et dans une entreprise qu’est-ce qu’on se dit : Est-ce qu’il faut revoir le management, est-ce qu’il faut revoir le marketing, est-ce qu’il faut revoir le merchandising, est-ce qu’il faut revoir le packaging, vous savez, tous ces mots qui sont venus de l’anglais et qui se terminent par « ing ».

Eh bien, dans l’histoire de l’Eglise catholique on n’a jamais tant fait cela depuis le Concile Vatican II. Le Concile Vatican II est le 1er Concile dans l’histoire de l’Eglise dont l’objet principal, le sujet principal, n’est pas une question de foi, une question de société. Le sujet principal de Vatican II c’est celui qui parle, c’est-à-dire, l’Eglise elle-même. La 1ère fois qu’un Concile avait comme sujet principal : soi-même, l’Eglise. Et depuis le Concile, mais combien de Synodes, mises à jour,  est-ce qu’il faut aller comme ceci, est-ce qu’il faut aller comme cela pour dire qu’on ne le fait pas. C’est faux, on n’a jamais tant fait et, si vous voulez mon avis, je crois qu’il faut le faire. Parfois on fait un peu trop. Parfois à force de s’auto regarder on oublie ce pourquoi on est là : ANNONCER JESUS-CHRIST. Mai il faut le faire.

Est-ce qu’on a assez fait ? Ah, un autre débat. Evidemment, le constat reste, on a fait  le merchandising, le packaging, le management, le machin, continué à perdre des parts de marchés, on continue à avoir une image de marque déficitaire, on continue à avoir un taux de satisfaction qui n’est pas suffisant. Alors qu’est-ce qui se passe dans une entreprise quand cela arrive ? On cherche un bouc émissaire. Les syndicats vont dire ce sont les patrons, qu’est ce que vous voulez, ils s’en mettent plein les poches. Et les patrons vont dire ce sont les ouvriers qui pourraient plus travailler. On va délocaliser dans les pays de l’Est. Vous allez voir ce que vous allez voir.

Exactement la même chose que l’on peut vivre dans l’Eglise. Comment voulez-vous que cela aille dans cette Eglise ? Ces curés qui ne se respectent plus, qui n’ont plus la soutane, qui n’ont plus le latin, qui n’ont plus … Et … pourquoi pas ?

Moi j’ai de temps en temps des gens qui me disent cela et puis je les laisse parler. Je leur dit : vous avez surement raison mais dites-moi si demain on se remet à faire la messe selon le rite extraordinaire et que tous les prêtres mettent la soutane pensez-vous que vos enfants et petits-enfants vont retourner à l’Eglise ?

Et puis il y a les autres qu’est-ce que vous voulez on ne va pas assez loin avec Opus Dei et le Vatican. Que l’on prenne des hommes mariés et puis la place des femmes dans l’Eglise et il faut que cela s’ouvre, que cela respire. Peut être. Moi je ne suis très pragmatique. Je n’ai pas de boule de cristal. L’Esprit Saint, je ne sais ce qu’il dit à son Eglise pour demain ou après demain mais je laisse parler ces gens là et je leur dit si demain il y a des femmes prêtre, évêque, pape, tout ce que vous coudrez, vos enfants, vos petits-enfants vont-ils retourner à l’Eglise ?

Chercher un bouc émissaire. A gauche, à droite ou alors le bouc émissaire préféré, surtout dans l’univers chrétien, c’est soi-même. Ah, père, j’ai tout raté, vous savez. Voila, nos enfants pourtant mon mari et moi les avons éduqués … et puis les petits-enfants qui ne sont pas baptisés. Ah, je m’en veux. Qu’est-ce que l’on a fait de mal ? Qu’est-ce qu’on … Et on se culpabilise et du coup on a des chrétiens qui ont la tête jusque par terre, qui donnent envie de prendre de l’aspirine et ils s’étonnent que leurs petits-enfants n’aient pas tellement envie d’être chrétien.

Mais non. Je dis souvent à ses parents et grands parents on a sans doute fait des erreurs et moi aussi, bienvenue au club, mais cela n’est pas comme cela que ça marche. La raison principale c’est qu’on a changé et très, très vite.

Il y a encore 50, 60 ans, dans les villages d’Alsace,  pour n’importe quel adolescent, il y avait déjà la radio, le poste de télévision dans quelques maisons, mais pour n’importe quel adolescent, concrètement, le cœur du village, le cœur de son monde c’était quoi ? C’était encore la tour de l’église, même s’il y allait un peu moins souvent elle était là, le curé était là. C’était le cœur du village.

Aujourd’hui, dans n’importe quel village d’Alsace et je vais même vous dire même en Patagonie, dès qu’il y a l’électricité et quelques moyens, le cœur concret mental pour tout adolescent normalement constitué c’est quoi ? C’est l’écran de son ordinateur, c’est Internet.

Thierry et moi sommes d’une génération intermédiaire, c’était la TV, la TV qui entrait au cœur des maisons. Aujourd’hui c’est l’écran de l’ordinateur, c’est une structuration mentale totalement différente. Je clique, je surfe, je passe, cela donne, de fait, un monde différent. Des jeunes qui ne sont pas contre. La génération des anticléricaux n’existe plus tellement. Aujourd’hui ce sont des jeunes simplement qui ont du mal à s’enraciner. J’en parlerai dans un instant. On vous écoute. On dit oui, c’est bien ce que tu fais, grand père, grand mère et 10 minutes plus tard ils sont dans tout autre chose et on a l’impression qu’ils ont du mal à faire le lien. Je clique, je surfe. Le monde a changé.

Alors, voyez-vous, pour revenir à ma parabole, quand une entreprise perd des parts de marchés, a un taux de satisfaction qui n’est pas optimal, a des cadres démotivés, a une image de marque poussiéreuse. Quand on s’est posé toutes les questions : est-ce que c’est le management, est-ce que c’est le marketing, est-ce que c’est le packaging, est-ce que c’est le machin et qu’on s’est posé toutes ces questions, peut être pas suffisamment, on peu continuer. Mais qu’on se les ait posé et qu’une tendance continue, à ce moment là il faut qu’une entreprise se pose la seule question qu’elle n’a pas envie de se poser, mais qui est la seule question essentielle,  mais, tout compte fait, est-ce le produit que je vends est encore bon ? Est-ce que le produit que je vends est encore compétitif ? Est-ce qu’il n’y a pas de meilleur produit aujourd’hui sur le marché ? C’est une question que l’on n’aime pas se poser parce que c’est la question vitale. C’est une question de vie ou de mort.

Eh bien, chers amis, pour le christianisme il en va exactement de même.

On peut se poser la question de remettre ou d’enlever les soutanes, d’ordonner, de machin ou de chi ... La question vitale, et je vous dirais c’est la seule qui m’intéresse vraiment, ce qui ne veut pas dire que les autres inintéressantes mais elles sont drôlement accessoires, c’est de se dire : Est-ce que le christianisme est encore une bonne nouvelle pour vos enfants et petits enfants ? Est-ce qu’aujourd’hui ils n’ont pas trouvé mieux pour donner un sens à leur vie ? C’est cela la question qu’il faut aborder, c’est cela la question aussi pour les malades que vous accompagnez : QUELLE ESPERANCE LEUR DONNONS-NOUS ?  

Alors il est évident, je pense, que le christianisme est une bonne nouvelle et que c’est un produit, pour employer ma parabole, c’est un produit indémodable. Mais il s’agit encore d’expliquer cela et de pouvoir l’expliquer de telle manière à ce que, aujourd’hui encore, nous puissions nous entraîner à annoncer le Christ avec enthousiasme, avec force.

Pour faire cela je voudrais tous d’abord faire un petit détour par l’histoire avant d’arriver au XXIème siècle  dans lequel nous vivons.

En continuant ma parabole de l’Eglise comme une entreprise, quelle est l’évolution que cette entreprise a connue au cours de 2 000 ans ? Eh bien, au cours des 2 000 ans de son histoire, si je dois vraiment schématiser très, très, très fort, je dirais qu’il y a eu 4 modèles d’entreprise.

Je m’explique : 1er modèle d’entreprise : je ne sais pas si vous avez suivi ou si vous vous y connaissez un tout petit peu en informatique, plus que moi ce n’est pas très difficile. Je ne sais pas si vous avez suivi tout ce que l’on a écrit sur la mort de Steve JOBS, le fondateur d’Apple, un des grands pionniers dans le monde de l’informatique? Tout le monde racontait qu’au début il avait commencé dans sa cave ou son garage avec un associé. C’est là que tout a commencé. Toute multinationale commence par ce que l’on appelle un « STARTUP » une toute petite entreprise.

Eh bien, le christianisme, si je le compare à une entreprise, a commencé comme un startup. Un startup c’est quoi ?  C’est un nouveau concept  d’entreprise, peu de moyens mais une idée révolutionnaire nouvelle qui va s’imposer dans un marché et qui va essayer de croître. C’est exactement comme cela que le christianisme a commencé, l’événement de la mort et de la résurrection du Christ  se greffant sur toute l’histoire d’Israël  a été une nouvelle vraiment appropriée à l’époque où elle est apparue, l’année 30, année de la mort et de la résurrection du Christ selon les historiens. Elle est apparue comme quelque chose de fort et de nouveau. A la fois un message universel dans un monde très stratifié, un message qui s’adresse aux esclaves comme aux empereurs et en même temps un message de bienveillance mais aussi d’exigence dans un monde qui avait un comportement moral même très relatif. Un message qui prend l’homme dans toutes ses dimensions au sérieux tant par rapport à l’honnêteté que la vie familiale que la vie politique, un message qui prend l’homme vraiment au sérieux.

Cette petite entreprise, eh bien, elle a commencé à se développer. On a vu que très vite, à travers les canaux de circulation de l’empire romain, le christianisme a circulé et, je dirais que, comme tout startup, comme toute petite entreprise l’Eglise a connue les joies et les difficultés de cette époque. Quelles sont les joies d’un startup, d’une entreprise qui se créé, qui doit se battre ? Les joies c’est que c’est l’époque des pionniers. Ceux d’entre vous qui ont commencé une entreprise ou qui connaissent quelqu’un qui l’a fait, un enfant ou un petit enfant, savent bien que lorsqu’on se bat pour sa propre entreprise il n’y a pas de soirée, il n’y a pas de week-end. C’est sans cesse une question de vie ou de mort. On se donne totalement. Si on n’est pas passionné, on ne le fait pas.

Eh bien, de même, durant ces premiers siècles d’existence de l’histoire de l’Eglise il n’y avait pas de statut protégé pour les chrétiens. Etre chrétien c’était risquer sa vie et donc c’est l’époque des martyrs, c’est l’époque vraiment où on se donne pleinement, où on n’a pas de privilège d’Etat et c’est pour cela que c’est une époque qui, aujourd’hui encore, nous inspire tellement.

Par contre quelles sont les peines, les difficultés d’un startup : d’abord la concurrence va essayer de l’écraser évidemment. Les grandes entreprises ne vont pas laisser ce petit nabot essayer de grandir. A côté de cela, souvent, durant les premières années, s’il y a quelques associés on risque de se disputer parce qu’on n’est pas d’accord et certains claquent même la porte. C’est exactement, sans rentrer dans les détails, l’histoire des premiers siècles du christianisme : les persécutions au fur et à mesure que le christianisme augmente, et puis des querelles internes pour des questions de foi ou de discipline qui sont parfois très douloureuses d’où  les premiers Conciles et d’où aussi les premiers groupes de chrétiens qui se séparent de la grande Eglise. Ca, se sont les premiers siècles. L’Eglise est comme un startup, une petite entreprise. Le bon côté c’est l’époque des pionniers, l’époque des martyrs. Le moins bon côté ce sont aussi des moments de lutte soit contre les persécutions, soit à l’intérieur.

L’époque, l’an 30 jusque, date fétiche, 380. Pourquoi 380 ? Parce qu’en 313, si vous connaissez un peu votre histoire, l’empereur Constantin se dit lui-même catéchumène chrétien et c’est la fin des persécutions. Mais en l’an 380 l’empereur Théodase fait du christianisme la religion d’Etat. Cela veut dire que le christianisme s’installe dans les souliers des anciennes religions officielles de l’empire romain. Il devient lui-même la seule religion reconnue et on passe à autre chose. 380, le christianisme devient « RELIGION D’ETAT ».

Je reviens à ma parabole de la petite entreprise qui est devenue une grande entreprise. Comment appelle-t-on une entreprise et l’Etat dit il n’y a que cette entreprise là que je reconnais, elle est la seule à pouvoir, pour ce produit là, occuper le marché, en France vous avez eu les PTT, l’Eau, le Gaz, cela s’appelle un monopole d’Etat.

Le christianisme qui a commencé comme un startup, une petite entreprise avec un nouveau projet comme Steve JOBS avec Apple. Il a tellement réussi que, pour se maintenir, l’empire romain en fait un monopole d’Etat. Et le monopole d’Etat il va durer jusque quand ? Jusqu’à la Révolution Française. 1 400 ans de monopole d’Etat ? Près de ¾ de l’histoire du christianisme est celle d’un monopole d’Etat. Il faut le savoir, cela permet de comprendre beaucoup de choses.

Alors, une fois de plus, un monopole d’Etat est-ce que c’est bon, est-ce que ce n’est pas bon ? Comme tout modèle économique il a ses avantages, il a ses inconvénients. Il est évident nous sommes tous des enfants de la Révolution Française et Jean-Paul II lui-même a dit que la laïcité politique était un bienfait. Personne ne veut revenir à une confusion entre l’Eglise et l’Etat mais, pour l’époque, il y a du bon et il y a du moins bon.

L’avantage d’un monopole d’Etat c’est qu’un prix, défiant toute concurrence, permet de faire parvenir un produit de 1ère nécessité à autant de monde que possible. C’est pourquoi les grands secteurs de l’économie souvent et surtout après les guerres, deviennent des monopoles d’Etat. L’Etat souhaite que tous les citoyens aient accès aux Postes, à l’Eau, au Gaz et à des prix qui leurs permettent de vivre. Ca, c’est le bon côté d’un monopole d’état.

Et de même, si je dois revenir à l’histoire de l’Eglise, le bon côté, du fait que l’Eglise soit devenue une religion d’Etat, a été que, par tous les canaux de l’empire romain et puis quand sont venus Clovis et puis Charlemagne, mais tout cela n’est qu’en continuité. A travers les canaux politiques le christianisme est parvenu à s’insérer partout, jusqu’au dernier petit village d’Alsace ou de Belgique. Et, croyez-moi bien, il a fallu des siècles pour cela. On parle de St. Martin et des évangélisateurs des campagnes mais les villes ont été rapidement christianisées. Les campagnes, pendant les premiers siècles, les curés étaient un peu druides et les druides un peu curé. C’était un peu … Il a fallu vraiment du temps pour que le christianisme y parvienne. Et alors, on a aujourd’hui, on est tous un peu les héritiers de Rousseau, le bon sauvage, oui, mais enfin, fallait-il vraiment. Ces braves druides et tout cela. D’ailleurs, cela revient un peu à la mode. Moi, je veux bien, mais enfin je rappelle aussi que les religions druidiques et autres étaient des religions de la peur avec des sacrifices humains. Le christianisme a délivré de la peur, énormément, et donc il a permis que ce message d’amour et de libération parvienne partout dans notre continent européen et je dirais qu’il façonne notre inconscient collectif. Aujourd’hui, évidemment, il y a eu la révolution française, il y a eu les lumières, il y a eu le socialisme, le marxisme et tout le reste mais vous pouvez savoir, la plupart des historiens sont d’accord la dessus, que si aujourd’hui, en occident, dans d’autres pays aussi, mais en occident c’est prégnant, nous avons une aide sociale pour les démunis et nous avons un système pénitencier qui est humanisé, autant que faire ce peut, parce que rien n’est parfait, nous avons une aide au chômeurs et ainsi de suite souvent tenu par des gens qui sont des bouffeurs de curés, qui ne sont pas du tout cléricaux. Mais c’est aussi, pas uniquement,  mais c’est aussi parce que pendant 1 400 ans le monopole d’Etat a été celui qui dit : « tout ce que tu as fait au plus petit de tes frères, c’est à moi, dit le Christ, que tu l’as fait ».

Notre société, même aujourd’hui encore, dans ses composants les moins christianisés, est encore marquée par ces 1 400 ans d’histoire où le christianisme était vraiment présent jusque dans les derniers ports de l’Etat. Ca c’est le bon côté !

Evidemment, il y a un moins bon côté à un monopole d’Etat. Quand vous avez dans une main le sabre et dans l’autre le goupillon c’est toujours un peu embêtant et là cela a dérapé. Pour être schématique, une fois de plus, jusque l’an 1 100 le monopole d’Etat était un bienfait. L’Eglise est parvenue à sauver le meilleur de l’héritage de l’empire romain et les monastères étaient vraiment des lieux de culture et les choses se passaient plutôt bien. A partir de 1 100 – 1 200 – 1 300 l’occident redevient plus conscient de lui-même au sort du au moyen âge c’est les villes qui se créent, les universités qui se créent. C’est l’époque aussi où l’on retrouve une expansion, une fierté, c’et l’époque des croisades qui est la réponse de la guerre sainte des musulmans, c’est quand même un peu spartiate comme action. C’est le moment où on va voir apparaitre les premiers dérapages sérieux.

C’est le moment où, au Sud de la France, par exemple, il y a les Cathares et que donc on en appelle à une croisade à l’intérieur. C’est le moment où, utilisant les moyens de l’Etat, on va créer un tribunal, le pape lui-même va créer un tribunal de la foi qui légalise la torture pour permettre, je dirais, à veiller à la doctrine juste et combattre les hérésies, c’est l’inquisition. Torturer au nom du Christ, le Prince de la Paix, ce n’est quand même pas tout à fait parfait. L’inquisition, évidemment, est un grand dérapage.

Mais curieusement je peux vous dire par delà la légende noire, le principe est inacceptable, c’est un dérapage, il n’y a pas photo, mais cela reste encore un dérapage contrôlé, c'est-à-dire que les historiens nous disent que l’inquisition pontificale a fait 2 000 victimes, 2 000 de trop, évidemment, mais à l’époque on faisait 2 000 victimes pour moins que cela, cela reste encore, d’un point de vue sociopolitique un phénomène qui reste contrôlé.

Là où cela va complètement déraper curieusement c’est à partir du XIVème siècle, la sortie du Moyen Age.

Pourquoi ? Parce que c’est une époque où quelque chose de nouveau est en train d’advenir, le monde moderne étant quelque chose de nouveau arrive, c’est les Etats nations. Cela se fait dans les douleurs des tremblements. Cela commence par un grand traumatisme qu’on peut dater, c’est 1343, la maladie qu’on a connu en occident mais qui avait disparue qui revient par la Chine, par les marins Genevois et qui revient chez-nous, la grande peste qui en 3 ans va tuer le tiers de l’Europe à une époque où l’on ne connaît pas les microbes. Et donc il faut expliquer et à l’époque on sort de la féodalité et donc l’idée c’est Dieu qui a envoyé cette punition. Et donc on se dit si Dieu nous punit au point de faire en sorte qu’un tiers de la population, alors imaginez-vous des villes entières qui sont rayées de la carte, des charniers humains, cela a été un traumatisme énorme. Et donc on s’est dit si Dieu est tellement fâché qu’il nous envoi cette punition, mentalité de l’époque, c’est qu’on est très méchant. Et c’est à ce moment là qu’une fièvre satanique s’empare des populations, c’est à dire l’Eglise a toujours crue au mal, au pouvoir du malin, mais là le malin va devenir plus important que le Bon Dieu. Et pour faire bref, quand la peur se saisi des gens, vous savez on a tous peur, mais quand la peur se saisis de notre existence, c’est un cancer qui tue tout. Et donc durant cette époque de fait cela va complètement déraper. Si le diable est présent, c’est qu’il avait ses agents secrets. Alors les agents secrets du diable c’est les sorciers, n’est-ce pas, Mesdames, surtout les sorcières, c’est que la femme est beaucoup plus perméable à l’œuvre du malin.

Je vous ai dit que l’inquisition c’était 2 000 victimes, la chasse aux sorcières cela fera plus de 200 000 victimes, tant chez les catholiques que chez les protestants. Là c’est un bel œcuménisme. On va tuer autant. Donc les sorciers et les sorcières.

C’est à ce moment là aussi que les juifs vont être accusés de tout. Il pleut, c’est les juifs, il ne pleut pas, c’est les juifs, il fait beau, c’est les juifs. Les juifs qui au début du Moyen Age avaient, je dirais, un certain accueil vont, une fois de plus, à ce moment là commencer à être chassés, persécutés.

Et le 3ème bouc émissaire c’est nous-mêmes. C’est à partir de ce moment là qu’on va parler du péché humain. On va dire que l’homme est vraiment le dernier des derniers. L’Eglise a toujours crue que l’homme était pécheur mais cette espèce de pessimisme qu’on va trouver chez Lutter et Calvin, l’homme est fait pour la damnation…, il n’y a qu’une prédestination qui…, mais c’est chez les catholiques aussi qu’on retrouve…, chez les jansénistes…, mais il était le propre d’une société, vraiment un grand pessimisme.

Face à cela de plus en plus d’humanistes vont commencer à se séparer de l’Eglise. On va avoir de plus en plus d‘intellectuels qui vont être critiques. Cela va commencer par la génération d’Erasme et puis on va avoir évidemment les Voltaire les Diderot en France et donc, une des raisons pour lesquelles il y a eu tant, aujourd’hui encore, tant d’intellectuels qui ont des comptes à régler avec l’Eglise c’est parce que, on est le fruit d’un inconscient collectif  qui s’est construit. Et donc cela va aboutir à 1789, la révolution française. C’est de Paris que cela est parti mais cela a éclaté dans toute l’Europe. Unilatéralement l’Etat dit : le monopole d’Etat c’est fini. Il n’y a plus de lien entre l’Eglise et l’Etat.

Au début on va le faire en coupant une série de têtes, on va désacraliser les églises, vous savez c’est une réaction terriblement violente mais, souvent, ce qui vient après tant de siècles explose d’une manière beaucoup plus forte.

Mais après beaucoup d’instabilité il faut retrouver un arrangement qui assure la paix à la société. C’est Napoléon qui va le trouver, une fois de plus, en France mais cela va se répandre partout dans l’Europe. C’est le concordat entre le Pape et l’empereur Napoléon qui, au XIXème siècle crée un nouveau mode de société qui va se répandre partout en Europe.

Je vous ai dit le monopole d’Etat, je reprends la parabole de la petite entreprise, l’Eglise et l’Etat sont liés. Quel est le nouveau modèle d’entreprise qu’on va voir au XIXème siècle ? Il n’y a plus de monopole d’Etat. La séparation entre l’Eglise et l’Etat est faite. Qu’est-ce qui va se créer comme modèle économique ? Comment l’Eglise va s’organiser ? Napoléon dit : séparation de l’Eglise et de l’Etat, concordat qui existe toujours dans les départements du Rhin et de la Moselle et en Belgique moyennant des aménagements, mais liberté d’association, liberté de culte, chacun croit comme il veut. Qu’est-ce que l’Eglise va faire ?    Elle va organiser ses écoles, elle va organiser ses paroisses, elle va organiser ses hospitalités qui prennent soin des malades, ses hôpitaux. Elle va s’organiser.

Et dans les pays, à majorité catholique, comme la Belgique, comme l’Alsace, comme une grande partie de la France, qu’est-ce qui va advenir au XIXème siècle et durant la première moitié du XXème siècle ? Ce n’est plus un monopole d’Etat mais, au fait, en général, quand on a une population qui est majoritairement catholique, en Belgique lors de notre indépendance en 1830, 98 % de la population était baptisée catholique. Je crois qu’en Alsace en 1830 c’était à peu près la même chose. Qu’est-ce que cela donne comme modèle économique ? On appelle cela un monopole de fait. Pour ceux qui ne savent ce qu’est un monopole de fait : quand vous habitez un petit village d’Alsace et qu’on est en hiver, qu’il y a de la neige partout, les routes sont impraticables, vous n’avez pas de voiture, il n’y a qu’une seule épicerie, vous n’aimez pas l’épicier et vous trouvez, qu’en plus, ses prix sont horriblement surfaits, que ses produits ne sont pas frais et qu’il n’est pas agréable, mais vous devez aller à l’épicerie, vous n’avez pas le choix,  il n’y en a qu’une et vous ne pouvez pas vous déplacer. A ce moment là, l’épicier a un monopole de fait. Vous pouvez aller où vous voulez mais, dans les faits, il n’y a qu’une seule épicerie.

Eh bien dans les pays à majorité catholique comme la grande partie de la France et comme la Belgique on a la liberté de culte mais dans les faits la grande majorité de la population est baptisée catholique, aura une scolarisation dans une école de bonnes sœurs soit, en tous cas, avec des cours de catéchisme aménagés, ira dans des mouvements de jeunesse catholiques, ira dans des associations catholiques, dans les associations professionnelles catholiques  et puis, s’il tombe malade, ce sont des bonnes sœurs également qui seront à l’hôpital pour s’en occuper et puis, quand on meurt, on est enterré à l’église. Du berceau jusqu’à la tombe, l’Eglise catholique a un monopole de fait, grand en tous cas, sur toute la société.

Alors, une fois de plus, ça c’est un modèle qui a tenu, bon an, mal an, dans de larges parties de l’Europe soit chez les catholiques soit chez les protestants, mais alors souvent protestants durant le XIXème siècle et durant la première moitié du XXème siècle. Quel est le bon côté de ce modèle ? Le bon côté de ce modèle c’est que cela a permis à la bonne nouvelle de Jésus-Christ d’être vraiment présent au cœur de la société.

Je m’adresse ici à ceux qui ont un peu plus de cheveux blancs que moi ou un peu moins de cheveux que moi, qui ont encore vraiment connu ce système. Qui d’entre vous ne peut pas dire oui il y avait tel père ou telle sœur quand j’étais à l’école qui m’a aidé. Dans les mouvements de jeunesse, tel aumônier était vraiment un pilier qui nous a aidés ou quand ma grand-mère était malade il y avait une religieuse qui la veillait et elle est morte accompagnée par les prières. C’était vraiment un moment où l’Eglise était présente au cœur de la société. Nous n’avons pas à en rougir de cette époque.

Le moins bon côté, parce qu’il y en a de cette époque eh bien, quand on a un monopole de fait on a toujours tendance à être frileux, défensif et, de fait, l’Eglise a souvent été frileuse et défensive. « Si vous ne mettez pas vos enfants à l’école de Monsieur le Curé, si vous ne lisiez pas le bon journal approuvés par nos Seigneurs les évêques, si vous n’étiez pas au syndicat qu’il fallait, … » Il y avait un peu ce côté « Eglise forteresse » et d’ailleurs regardez les monastères qui ont été construits au XIXème siècle. Ils sont souvent construits comme des forteresses, des remparts, contre la révolution française, contre la laïcité. Il y a un peu ce côté défensif qui nous a écarté des personnes. Un petit exemple : comme jeune séminariste, il y a 25/27 ans, je commençais à faire mon stage à Liège, Liège est un pays qui a eu pendant 1 000 ans comme prince un évêque, donc par réaction Liège est un pays de longue tradition anticléricale, c’est dans les gênes et donc un socialisme de tradition anticléricale, pas virulent mais présent. J’ai encore connu quand j’étais jeune séminariste comme ça, j’allais au bal du bourgmestre, bourgmestre socialiste évidemment et je voyais arriver  le bon militant avec ses grosses moustaches me dire : Curé (parce que là bas dès qu’on était ecclésiastique on était curé) je ne suis pas catholique  mais je vais tous les dimanches à Notre-Dame de BANNEUX (pèlerinage marial du diocèse de Liège). Qu’est-ce que cet homme a voulu me dire ? Il m’a dit écoute, je ne vote pas pour ton parti comme si le parti démocrate chrétien, puisqu’à l’époque il s’appelait encore comme cela, était le parti de l’Eglise, je vote pour les socialistes donc tu ne me verras jamais dans ton église parce que si mes camarades me voient à la paroisse cela veut dire que je suis un traitre. Mais je suis chrétien donc je vais à BANNEUX et là on ne me connaît pas. C’était la fin de cette époque mais c’était quelque chose qui existait encore.

 Ce système du monopole de fait il a explosé également et nous sommes arrivés dans une quatrième époque et ça c’est MAI 68 – tout ce qui est autour de MAI 68. MAI 68 c’est cette grande révolution sociale qui a fait, qu’aujourd’hui, l’homme moderne, tout ce qui est de l’ordre du monopole quel qu’il soit, il n’en veut plus. MAI 68  c’est quoi ? Ce n’est pas parce que mes parents sont de bons cathos, directeurs d’hospitalités de Lourdes que je ferais baptiser mes enfants. Et vis-versa. J’étais directeur de séminaire, j’avais des séminaristes dont les parents étaient des athées.

C’est un monde où chacun fait son chemin, trace sa route et s’il y a bien une chose, quand j’étais porte-paroles des évêques je l’ai dit aux évêques ne parlez jamais à la population, dans les média en position d’autorité. Ils ne le supportent plus même si vous dites des choses très intelligentes, vous allez être « balancés ». Ils ne voudront pas vous entendre. La population, notre mentalité, refuse tout ce qui donne l’impression : « vous qui devez penser comme nous car je suis quand même un évêque, je vais vous dire … » On ne veut plus de cela à tort ou à raison mais c’est la société dans laquelle on vit. Par contre j’ai dit aux évêque si vous entrez dans une position de débat en disant : « écoutez, je donne mon avis dans le débat démocratique, écoutez-moi au moins parce que je serais le seul à ne pas donner mon avis ». Là on vous écoute. Nous sommes dans une société où toutes les opinions sont mises en concurrence où chacun doit trouver sa place et ça c’est vraiment le monde qui est né de MAI 68.

Alors, pour reprendre ma parabole, comment appelle-t-on en terme économique ce monde là ?  Ce n’est plus un monopole de fait, ce n’est plus un monopole d’Etat, ce n’est plus un startup aujourd’hui l’Eglise. L’Eglise est mise dans ce que l’on appelle LA CONCURRENCE PARFAITE. Un modèle économique de concurrence parfaite. Alors pour celles ou ceux qui se disent qu’est-ce que cela veut dire la concurrence parfaite, je vais vous expliquer. Vous savez tous très bien ce que cela veut dire la concurrence parfaite. Quand vous faites vos grands achats du week-end, dans le temps, quand vous étiez dans un petit village d’Alsace ou de Lorraine ou de Normandie, vous alliez à l’épicerie du village et la boucherie du village et la boulangerie du village. Aujourd’hui pour 95 % de la population quelle est la première question qu’on se pose quand on va faire ses grands achats du week-end ?    Auchan, Leclerc ou Carrefour. Concurrence !  Une fois qu’on a fait son choix, va pour Auchan, vous êtes là avec votre « caddy » dans les rayons du magasin. Qu’est-ce que vous faites ? Est-ce que c’est parce que  vous prenez le produit Bref ou Dach, enfin je n’y connais pas grand-chose,  pour la poudre à récurer  que vous allez aussi le prendre pour la poudre à lessiver. Ah, moi, je suis fidèle à une seule marque. Mais non, vous allez peut être prendre du Bref pour ceci, du Dach pour cela. C’est ce que les anglo-saxons appellent le « pick en choice » « je panache mon choix ». Je vais dans les rayons, je choisis. C’est le client qui fait son panachage. Ca s’est la concurrence parfaite. Les produits sont tous là dans le rayon.

Eh bien, c’est exactement  le comportement du religieux de la plupart de nos contemporains, je ne parle pas des catholiques convaincus que la plupart d’entre vous êtes, je parle du commun des personnes que nous rencontrons. Faire baptiser les enfants, oui, oui encore, oui j’y réfléchis. Cela ne peut pas faire de tort et puis cela fait plaisir à la grand-mère. Noël, Noël, vous savez, s’il y a de beaux chants j’irai peut être à l’église sinon la télé s’il y a un beau programme. Et juste avant Pâques je demande à ma voisine qui est une bigote d’aller chercher la petite branche que l’on met au crucifix, je ne sais pas comment on l’appelle, oui, ça, oui, je … mais à côté de cela je ne suis pas fanatique, non. Moi ce qui m’intéresse c’est le Ryki c’est quand même, oui. Et puis le bouddhisme eh bien, écoutez, j’ai suivi des … et puis j’ai eu des lectures. Et puis bon, vous savez, il y a aussi dans le soufisme des choses qui … Alors le bon catholique que je suis, la première réaction est mais enfin que les gens sont superficiels d’un si …  Non, ils ne sont pas superficiels. Ils réagissent comme vous faites quand vous faites vos grands achats du week-end. Je prends un peu de tout. Mon choix religieux, je le panache, je choisi « pick en choice”. C’est l’époque dans laquelle on vit. Est-ce que c’est bien ? Est-ce que ce n’est pas bien ?  C’est un fait.

Quelqu’un que j’aime beaucoup qui c’est Winston SCHURCHILL  disait un fait est plus important qu’un lord maire, qu’un bourgmestre, qu’un maire de ville. Un fait il faut le prendre c’est le monde dans lequel on vit, on n’a pas le choix.

Quelle est la chance et la malchance de ce modèle ?

La chance de ce modèle c’est que, plus que jamais, la parole du Christ « vous êtes le sel de la terre » elle a son prix. Soit, puisque tous les produits religieux sont mis en rayonnage, soit cette bonne nouvelle de Jésus-Christ, et bien, nous la traitons n’importe comment et … Vous savez, on est plus cher que les autres. On est beaucoup plus cher que les autres. Vous avez plein d’autres religions qui vous disent vous êtes gentils, vous êtes … laissez-vous vivre, amusez vous. Ce n’est pas du tout ce que dit le Christ. Le Christ c’est « tu veux être parfait, va, vends ce que tu as, donne le aux pauvres et suis moi. » Je voudrais bien savoir qui d’entre vous applique cela. Moi pas et je sais que je dois l’entendre parce que sans cesse cela recadre la façon de faire. Le message du Christ est hyper exigeant. Tout exiger mais tout comprendre et tout pardonner.

Alors si, ce produit qui est plus cher, il est poussiéreux et si par contre il est porté avec cœur, avec entrailles, je pense que clairement ce sel de la terre continuera à attirer les gens parce qu’en économie on le dit aussi : les produits originaux, les produits de qualité ne se démodent pas.

La difficulté d’aujourd’hui c’est qu’évidemment ce qui « faire choix » fait beaucoup d’angoisse. Il y a beaucoup d’angoisse. Peut être que le monde des villages d’il y a 50 ans, tout le monde était sur des rails, ce n’était pas très ouvert mais les rails étaient une sécurité. Aujourd’hui nos jeunes ils doivent se poser mille et un questions. Est-ce que j’épouse celle-là ou celui-là ?  On change tout le temps. Quel métier ? Et que croire et ne pas croire. Il y a beaucoup d’angoisse. Ce n’est pas un monde facile pour nos jeunes. Il faut le savoir. Il faut les porter. Ce n’est pas facile pour les petits et les malades dont vous vous occupez.

Deux, le risque du panachage d’est la superficialité. A force de prendre un peu de tout, se construire une vie spirituelle prend du temps, prend de la patience, cela ne passe pas, le désert. C’est plus difficile aujourd’hui. Dès que cela devient difficile, la tentation, je prends autre chose. Le monde n’est pas parfait mais c’est le monde dans lequel on est, il faut le prendre tel qu’il est.

Alors, je voudrais maintenant, pour conclure, arriver peut être à la partie la plus importante de mon discours. Je vous ai fait ce panachage pour vous montrer où nous sommes arrivés aujourd’hui.

Je continue avec ma parabole de la petite entreprise qui est devenu un monopole d’Etat puis un monopole de fait et qui, aujourd’hui est en concurrence parfaite. Elle n’a pas l’habitude puisqu’elle était encore un monopole de fait. Donc c’est vrai que nous pédalons un peu dans la choucroute par rapport à  ce mouvement religieux tout petit, très dynamique, un peu fou parfois ou parfois même sectaire mais débitions cette agilité nous qui avons toutes nos structures.

Je voudrais faire une petite étude de marché et dire en quoi ce produit, plus cher qu’un autre, a encore un avenir pour nos contemporains. Et je vais le faire d’une manière très concrète et profane. Vous savez, chaque société a ses dogmes. Je ne parle pas de dogme religieux mais de dogme social, c'est-à-dire une évidence que tout le monde partage. Ce n’est pas nécessairement la bonne mais tout le monde la partage. Quels sont les dogmes sociaux d’aujourd’hui ?

Vous savez à l’époque de nos grand’mères, l’excellence dans le milieu catholique c’est la sainteté. Les saints étaient vraiment les modèles d’excellence chrétienne. Aujourd’hui, même dans un enseignement catholique, allez voir des adolescents de 14, 15, 16 ans et demandez leur s’ils pensent à leur sainteté. Mais cela a été remplacé par la société. Aujourd’hui la nouvelle excellence c’est la compétitivité. Il faut être compétitif. Pour trouver un emploi il faut avoir 15 diplômes, parler 60 langues, avoir 30 ans d’expérience et moins de 25 ans. Alors là vous trouverez un emploi !   Alors, une fois de plus, je ne dis pas qu’il ne faut pas être compétitif. Evidemment il faut être compétitif. Evidemment nos enfants doivent être exigeants. Evidemment que la société française ou Belge doive se battre. Avec tout cela je suis d’accord mais cela ne peut pas devenir une nouvelle religion. Si cela devient plus important que le sens de la vie, là il y a un souci. Et vous savez, ce côté compétitif, même dans le milieu religieux, ça rentre partout cet exemple. Si je fais mon discours en disant chers amis j’espère que régulièrement vous jeunez encore certains d’entre vous me regarderaient et demanderez à Thierry où il a pêché celui-là. Mais si je vous dis j’espère que vous avez un bon diététicien parce que, vous savez, garder son corps et le cholestérol et les machins, ah, il et moderne le curé, c’est bien. Le même comportement mais ce n’est plus pour la sainteté mais c’est pour être compétitif. Si je vous dis j’espère que vous pensez avoir un comportement ascétique, à vous mortifier. Et si je vous dis est-ce que vous faites du jogging, fitness et tout ! Compétitivité.  Si je vous dis j’espère que vous avez tous un confesseur régulier. Est-ce que vous avez un coach ? Ah, il est moderne, le conférencier. Nous sommes dans la compétitivité. Il faut tous qu’on soit éternellement beau, jeune, riche et de préférence bronzé. Parfait. Il faut être « Inn ». Grand père, grand’mère, tu n’es plus « Inn ».on nous a jamais tant dit qu’il fallait être « Inn ». Résultat des courses, il n’y a jamais eu autant de personnes qui sont … « Out ». Ce dogme de la compétitivité – faire en sorte que l’élastique on le tend, on le tend, on le tend et qu’à un moment il casse. Nous ne sommes pas des robots. Et donc vouloir être sans cesse plus ceci, plus machin, plus … Un moment donné cela ne fonctionne pas. Etre compétitif, oui mais il ne faut pas que cela devienne un dogme. Et ici, vous avez au cœur du christianisme un message central qui peut être vraiment l’aire pour les hommes d’aujourd’hui.

Au cœur du message chrétien nous apprenons que quand Dieu veut dire qui il est il ne nous dit pas : Ha, tu veux savoir qui je suis eh bien tu vas monter là et tu vas faire cela et puis tu … Non. Quand Dieu veut nous dire qui il est il dit écoutez, je viens parmi vous, je deviens l’un d’entre vous, je vais vivre une vie d’homme, je vous rejoints dans votre quotidien le plus ordinaire. Et quand on pense à Jésus-Christ on oublie que la toute grande partie de sa vie on n’en sait rien. C’était une vie ordinaire comme nous en vivons tous, une vie cachée. Dieu a voulu partager notre vie ordinaire. Et donc, un des cœurs de notre message dans ce monde qui a le dogme de la compétitivité c’est de dire mais bon sang faites la paix avec celui que vous êtes. Vous auriez voulu faire l’Université et n’y êtes pas parvenu, c’est votre vie. Vous auriez voulu réussir votre couple, cela n’a pas réussi, ou que vos enfants ceci ou cela, ils ne l’ont pas fait. Je ne dis pas que c’est une bonne nouvelle mais c’est votre incarnation. Et soit vous passez votre vie à vous lamenter : Ah, j’ai raté ma vie, ah, j’aurais du et vous ne vivez pas. Soit vous dites : Seigneur, voila ma vie telle qu’elle est. Toi qui es venu nous rejoindre dans notre vie concrète, viens me rejoindre dans ma vie telle qu’elle est. Ah, je voudrais encore avoir 20 ans ; pas de chance, tu en as 80. Qu’est-ce que tu veux que je te dise.

Et donc, c’est dans notre concret que Dieu nous rejoint, nulle part ailleurs et c’est cela la sainteté. La sainteté c’est faire la paix avec soi-même. D’ailleurs l’évangile de ce dimanche : « Tu aimeras ton Dieu de tout ton coeur et ton prochain comme toi-même ». S’aimer comme on aime son prochain, s’accueillir, s’accepter et, à partir de là dire : Seigneur, voila ma vie avec ses qualités, ses défauts, ses échecs. Que veux-tu faire de moi ? C’est ce que nous disons, c’est ce que vous dites aussi à vos malades. Dans ce monde qui est pourri par la religion de la compétitivité, l’incarnation qui permet de faire la paix avec soi-même, de se retrouver là où nous sommes est un message de vie totalement nouveau et  révolutionnaire et qui a toute sa place.

Second élément de mon étude de marché, nouveau dogme social. A l’époque de nos grand’mères, dans les institutions catholiques, je vous ai parlé de l’excellence qui était la sainteté. Mais quel était le minimum en dessous duquel on avait des problèmes ? L’état de grâce. Il fallait être en état de grâce. Si on mourrait en état de péché mortel, c’était plutôt embêtant.

Allez un peu dans vos écoles même catholiques demander à vos adolescents s’ils se sentent en état de grâce. Ca a été remplacé. Aujourd’hui, c’est quoi ? C’est le bien-être. Tu fais ce que tu veux de ta vie, mon vieux, ma vieille, tant que tu es cool, zen, que tu es bien dans ta peau, sens-toi en accord avec toi-même, sens-toi bien. On n’a jamais tant dit qu’il faut se sentir bien. On n’a jamais eu tant de suicides, de dépressions, d’anorexies, pas parce que le monde ne va pas bien mais parce que, enfin je ne sais pas, vous, en tout cas moi, confession publique, spontanément, tous les matins je ne me sens pas bien. Nous avons tous nos cycles de bonnes ou de moins bonnes humeurs, nous avons tous nos bonnes et moins bonnes passes et c’est très culpabilisant. Ah, tu n’es pas bien mais change, alors, change. Il y a là quelque chose de très anxiogène.

Une fois de plus, le christianisme a quelque chose à offrir dans cette espèce de religion du bien-être qui est terriblement anxiogène. Est-ce que le christianisme offre, alors je vais tous vous faire sursauter mais je vais m’expliquer, le chemin de la croix. C’est au cœur du message chrétien quelque chose qui peut, énormément aider notre monde. Je m’explique avec des mots très profanes. Vous savez, qu’on soit croyant, athée ou agnostique, nous sommes tous appelés à avoir un regard sur la réalité. Et il n’y a que deux regards fondamentaux à avoir suer cette réalité : un regard matériel et un regard spirituel, même pour les incroyants. Alors le regard matériel c’est quoi ? C’est partir des deux certitudes absolues que nous avons tous, c’est les deux seules d’ailleurs. Nous savons tous que nous sommes nés et que nous allons mourir, que chaque jour qui passe est un jour qui nous rapproche de la tombe, ça c’est le regard matériel, biologique. C’est une réalité biologique. S’il n’y a que cela, la vie c’est profite, profite, profite. C’est parfois ce que l’on dit : Ah, il faut profiter, on ne vit qu’une fois. On voit bien que le taux de bonheur n’a vraiment pas augmenté aujourd’hui. Et c’est pourquoi et ce n’est pas propre aux croyants. Je connais beaucoup d’athées qui ont cela aussi.

Le cœur de trouver un sens à sa vie c’est de superposer à ce regard matériel : je ne suis né pour mourir, il faut superposer un regard spirituel. Et le regard spirituel dans toutes les convictions, sauf les sectes, mais je parle de qui on a un peu de prix. Le regard spirituel est celui qui inverse cela. Qui ne dit pas je suis né pour mourir mais c’est celui qui dit je meurs pour naître. Ca c’est le regard spirituel.

Et vous savez nous en faisons tous l’expérience. Nous en avons tous fait l’expérience. Très concrètement, notre première mort c’est le jour de notre naissance. Pendant 9 mois nous étions bien au chaud dans le ventre de notre mère. Pas d’impôt à payer, pas de voisin casse-pied, température idéale. La matrice de notre mère est vraiment le rêve d’une vie sans souci. La preuve, quand vous trainez dans votre lit, je fais la grasse matinée, je n’ai pas envie de sortir, quand vous trainez dans votre bain bien chaud, oh je n’ai pas envie de sortir du bain, qu’est-ce que vous faites, position fœtale, vous voulez retrouver ce monde de l’insouciance de 9 mois dans le venter de la mère. Mais évidemment, le fœtus qui reste, qui ne veut pas naître, il meurt. Pour vivre il a fallu passer par un petit conduit étroit et entrer dans ce grand monde froid. Il a fallu mourir à ce rêve d’une vie sans souci pour vivre. Mourir pour vivre dans ce monde humain que nous partageons tous. En plus, comme je n’avais pas respiré, j’étais bleu, j’ai eu une grande baffe du gynéco c’était ma première expérience. Cela m’a traumatisé c’est pour cela que je suis devenu prêtre d’ailleurs, comme cela vous le savez. Mais  mourir pour vivre et toute notre vie c’est cela. Le petit enfant qui pense qu’il va vivre toute sa vie dans les jupes de maman parce que c’est ma maman, et bien non, parce qu’il y a des frères et des sœurs qui naissent après lui. Heu .., je ne suis pas seul. Mourir pour vivre à la famille, mourir pour vivre parce qu’on va le mettre à l’école maternelle, il quitte maman pour vivre la vie sociale. Le jeune homme  qui pense avoir toutes les jeunes filles, mais non, il meurt à l’éternel célibataire qu’il est pour en choisir une pour vivre comme époux. Je pensais, quand on est jeune, j’allais faire pompier, agent de police, machin, non, je meurs à toutes les possibilités pour vivre à celle que j’ai choisie. Apprendre à vivre c’est mourir au reste. Et, toutes les grandes voix spirituelles nous disent si je ne veux passer ma vie à papillonner, apprendre à vivre authentiquement, c’est  mourir le plus souvent possible au superficiel pour vivre de l’essentiel. Et voyez, ici, le chemin de la croix, l’idée que ce Dieu qui a voulu partager notre vie d’homme, à un moment donné ayant donné de l’amour, et ce chemin exigeant de l’amour qui est chemin de vie qu’il accepte pour aller jusqu’au bout de sa mission, d’aller jusqu’à mourir à cette vie humaine : « ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne » il va jusqu’à tout donner et que, pourtant, il est vraiment mort et que cette mort ne le retient pas, qu’il est le vivant. Que ce chemin spirituel, nous mourrons pour naître à quelque chose, ne se termine pas avec la mort biologique. L’expérience de la résurrection mystérieuse mais qui nous fait bouger depuis 2 000 ans, c’est de dire : la dernière étape de la mort biologique est une naissance à une vie autre dans l’esprit. Ca, c’est un message qui, je pense, pour notre monde de bien-être qui n’apporte que du mal-être souvent, est un message d’une actualité très, très forte.  Ce que le Christ nous apprend c’est que dans ce monde où l’on dit : sois bien, sois cool, sois zen, le Christ dit : apprend à mourir à ce qui est partiel, superficiel, égoïste. Ce n’est pas toujours facile, on ne le fait pas tout toujours, mais, dans la mesure où tu le fais pour vivre de l’essentiel et vous le savez tous, dans vos engagements à Lourdes quand des jeunes viennent avec vous à Lourdes ils y vont pour des copains, pour un peu d’idéalisme, et quand ils reviennent ils disent : Ouah, quelle expérience. Parce qu’ils se rendent compte de se mettre au service des plus petits, de ceux qui ont besoin, est une vie tellement plus forte que tout ce qu’ils auraient pu vivre par ailleurs. Ca, le chemin du christianisme nous l’apprend et dans ce monde où il y a cette religion du bien-être, c’est une actualité révolutionnaire.

Dernier dogme social. A l’époque de nos grand’mères on apprenait la dévotion, on apprenait ses prières. C’était la communication avec Dieu. Une fois de plus, allez dans la plupart de nos écoles demandez à vos adolescents s’ils connaissent leurs prières, ils vont vous regarder bizarrement. Cela ne veut pas dire qu’ils ne prient pas. Mais, ça s’est mon affaire. Ca ne fait plus partie de l’éducation mais ça a été remplacé. Communiquer là-haut ça c’est une affaire privée mais par contre cela a été remplacé par ces petits appareils là (téléphone portable). Il faut communiquer. Je vous envoie un Mail pour confirmer ce que j’ai mis sur votre répondeur automatique que le fax de ma page Facebook et de mon machin … Nous sommes dans un monde de l’hyper communication. On n’a jamais tant communiqué. Et dans ce monde où on communique, la preuve la plus forte c’est le drame du 11 septembre. Le 11 septembre 2001 vous aviez encore des personnes qui étaient bloquées dans des ascenseurs dans les tours qui se demandaient ce qui leur arrivait. Le monde entier savait déjà ce qui arrivait parce que c’était sur tous les écrans. Avec ce petit appareil là je peux vous envoyer un twis qui fait le tour de la terre en quelques secondes. C’est fou comme nous pouvons communiquer. Et dans ce monde, sur communication, pourquoi pas, quel est le premier cancer : la solitude. On n’a jamais eu tant de solitude. Curieusement, on vous parle de communiquer et, la première chose dont les personnes se plaignent c’est : nous sommes seules. Sur Facebook je crois que j’ai pour l’instant 1 870 amis. J’utilise cela parce que c’est très utile pour communiquer. Mais évidemment. Parfois je rencontre des gens que je n’ai jamais vus eu que je ne reverrais probablement plus jamais qui me disent : je suis votre ami sur Facebook. Enchanté, bonjour. Chatter avec le monde entier pour un adolescent, c’est bien, mais apprendre à parler à sa sœur qui est dans la chambre à côté ou ses parents … ça c’est un autre défi. Alors vous voyez, une fois de plus, au cœur du message chrétien nous avons quelque chose de très fort à propose à notre monde c’est, ce que l’on appelle, avec des mots un peu compliqués : la Trinité. Le peu que les chrétiens voient de Dieu parce que Dieu est un mystère infini, mais le peu que le message chrétien perçoit de Dieu c’est que dans son mystère le plus infini dont nous ne savons que très, très peu de choses, il est infini, Dieu est une relation d’amour. De toute éternité Dieu est relationnel parce que l’amour est relationnel. L’Amour que le Père donne, que le Fils reçoit et rend et ce lien d’amour entre le Père et le Fils dans lequel nous partageons et nous baignons, c’est l’Esprit. L’Esprit que nous avons reçu d’une manière spéciale au moment de notre baptême et de notre confirmation. Entrer dans la relation divine. Notre Dieu au plus profond de lui-même est relationnel. Ce que le message chrétien nous apprend dans ce monde qui n’a jamais tant parlé de communiquer et dont le grand cancer c’et la solitude, c’est … Tant mieux si tu as 4 000 amis sur Facebook ou si tu es seul. Mais dans la mesure où tu construis des relations en esprit et vérité, des relations concrètes et réelles, c’est, dans cette mesure là, que tu vas te réaliser comme être humain parce que tu es créé à l’image de Dieu et notre Dieu est relationnel. Nous le savons tous que nos relations nous constituent. Un bête exemple : dites à un gosse pendant les 8 premières années de sa vie mais, mon pauvre petit, tu n’y arriveras pas, tu es trop bête. Vous allez en faire quelqu’un qui va doute toute sa vie. Mais dites-lui, pendant les premières 8 années de sa vie : écoute, cela ne va pas être facile mais je crois en toi, vous allez lui donner de la confiance en lui. Nos relations, elles nous constituent. Faites le test ici. Choisissez une victime parmi vous. Vous ne lui dites pas. Et pendant tout le Congrès, ici à Strasbourg, vous lui tournez le dos. Dès qu’il arrive vous arrêtez la conversation, vous riez derrière lui. Vous allez voir comme il va être content à la fin du séjour, Nos relations nous constituent. Nous sommes des êtres profondément relationnels parce que notre Dieu est relation dans son  mystère le plus profond et donc c’est dans la mesure où nous développons, non pas des relations virtuelles, électroniques, mais des relations en esprit et vérité dans notre milieu professionnel, dans notre famille, dans notre paroisse, dans notre Eglise, dans notre hospitalité avec les malades : Allez, ma petit dame, je vais vous pousser, hein. Vous savez très bien que ce n’est pas cela que vous enseignez. Vous avez là un frère une sœur humains et c’est dans la mesure, même, s’il est dans une chaise roulante ou sur un lit, vous le prenez et vous entrez en relation avec lui ou avec elle comme un être debout, c’est dans cette mesure là que vraiment vous êtes hospitaliers dans le sens où Lourdes l’entend. Eh bien, c’est nos relations qui nous constituent une fois de plus. Le fait d’avoir un Dieu Trinité, un Dieu Relation est un message qui peur énormément aider notre monde.

Chers amis, nous vivons dans un monde qui n’est ni plus facile ni moins qu’un autre, il est différent. Nous vivons dans un monde où par la force des choses et de l’histoire, la religion, toute religion, est mis en concurrence parfaite comme un produit sur un rayonnage. On aime ou on n’aime pas, c’est un fait et un fait est plus important qu’un lord maire. Mais dans ce monde là le christianisme, qui est un produit cher, est indémodable. Il a des choses très importantes à apporter à ce que notre société vit concrètement. Alors, n’ayons pas peur ! Mais, la 1ère personne à convertir à cela c’est nous-mêmes si l’Evangile nous donne le gout de vivre. En nous voyant vivre les gens se diront mais d’où vient ce gout ? Et là, ils auront envie de savoir. C’est comme cela dans le monde de l’entreprise. Ce sont les clients contents qui sont le meilleur support de la publicité. Et bien, c’et dans la mesure où cela donne du  gout à notre vie que nous serons d’avantage encore témoins rayonnants de l’Evangile. « Vous êtes le sel de la terre » a dit le Christ. Il ne faut pas beaucoup de sel. Mais si le sel perd son gout à quoi sert-il ? Alors soyons SEL DE LA TERRE. Je vous remercie.

 

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